De grandes feuilles vertes nervurées, des tiges rouge carmin : la rhubarbe trouve toujours le moyen d’attirer les regards au potager. Facile à vivre, rustique jusqu’à –20 °C et fidèle pendant près de dix ans, elle assure des desserts acidulés dès le printemps. Ce tutoriel jardinage décortique pas à pas la plantation, l’entretien et la récolte de la rhubarbe afin de garantir des touffes généreuses sans effort superflu.
Planter la rhubarbe : les bases d’un sol riche et frais
Un premier secret : la rhubarbe apprécie le confort d’un sol riche et frais. Cela signifie beaucoup d’humus et une humidité régulière, sans eau stagnante. Le meilleur moment pour installer un jeune plant ou une division reste l’automne, juste après la chute des feuilles, ou le tout début du printemps lorsque la terre se réchauffe.
- Choisir un emplacement ensoleillé à mi-ombre ; un mur exposé à l’est est parfait.
- Alléger la terre lourde avec du compost mûr et quelques pelletées de sable grossier.
- Creuser un trou deux fois plus large que la motte ou la souche divisée.
- Positionner la couronne affleurant le niveau du sol ; trop enterrée, elle pourrit.
- Tasser doucement puis arroser généreusement pour chasser les poches d’air.
Dans un jardin déjà bien rempli, on peut tirer parti des atouts de la rhubarbe pour ombrer de jeunes plants de laitues ou de persil. Pour d’autres idées d’associations, ce dossier révèle les meilleures plantes compagnes des petits fruits.

Bien démarrer grâce au paillage
Un épais paillage en feuilles mortes ou en tontes sèches limite l’évaporation et bloque les herbes folles. Avec la montée des températures estivales, ajouter une fine couche de compost tamisé nourrit la jeune souche et renforce la structure du sol.
- Épaisseur idéale : 5 cm après la plantation.
- Renouvellement : tous les six mois pour conserver l’humidité.
- Astuce zéro-déchet : recycler les cartons bruns sous la couche organique.
Entretien de la rhubarbe au fil des saisons
Une fois installée, la rhubarbe réclame surtout un arrosage régulier lors des périodes sèches. Dans de nombreux potagers, un simple tuyau microporeux sous le paillage assure la constance nécessaire. Au printemps, un engrais organique riche en azote et potasse (fumier composté, lombricompost) lui donne un coup de fouet.
- Printemps : 2 kg de compost bien décomposé au pied, griffé en surface.
- Été : arrosage rhubarbe deux fois par semaine si les températures dépassent 28 °C.
- Automne : couper les feuilles jaunies pour éviter les maladies.
- Hiver : laisser le paillage en place comme couverture thermique.
Au bout de quatre ou cinq ans, la touffe peut s’essouffler. C’est le moment de pratiquer la division des souches. À l’aide d’une bêche bien affûtée, séparer la couronne en éclats portant chacun au moins un bourgeon vigoureux. Replanter immédiatement dans un nouveau coin fertile ou partager avec les voisins.
- Période recommandée : février à mars, sol ressuyé.
- Cicatriser les coupes avec de la cendre de bois pour prévenir la pourriture.
- Arroser et pailler aussitôt après la plantation des éclats.
Pour diversifier les plantations autour de la rhubarbe, consultez ce guide d’associations gagnantes. Il détaille, par exemple, comment marier fraisiers, bourrache ou poireaux pour optimiser l’espace.
Surveiller les ennemis invisibles
Même robuste, la rhubarbe n’est pas totalement à l’abri. Les larves de charançon s’attaquent parfois aux racines, les taches brunes signalent une cercosporiose. Une pulvérisation de décoction de prêle, riche en silice, renforce ses défenses naturelles.
- Contrôle hebdomadaire des feuilles après la pluie.
- Éliminer les bâtons abîmés : ils attirent limaces et escargots.
- Introduire des auxiliaires : hérissons, carabes, crapauds.
Récolte de la rhubarbe et idées pour le potager gourmand
La récolte de la rhubarbe commence dès que les pétioles atteignent 25 cm. Tirer doucement la tige vers le bas au lieu de la couper : cette méthode évite le développement de pourriture sur la souche. Entre avril et juin, une touffe bien nourrie offre jusqu’à 3 kg de tiges.
- Ne jamais prélever plus d’un tiers des pétioles à la fois pour ne pas épuiser la plante.
- Interrompre la récolte fin juillet pour laisser la souche recharger ses réserves.
- Les feuilles, toxiques, se recyclent au compost : elles accélèrent la montée en température du tas.
En cuisine, la rhubarbe compote facilement avec de la fraise ou de la framboise. Pour une association parfaite au jardin, retrouvez des conseils précis via ce pas-à-pas d’alliances fruitières.
Prolonger la saison grâce au forçage
Les amateurs de tiges plus tendres plébiscitent le forçage. Il suffit de recouvrir la souche d’un vieux pot en terre cuite percé au sommet fin février : privé de lumière, le bourgeon s’allonge et produit des tiges légèrement rosées, prêtes trois semaines plus tôt.
- Choisir une souche bien installée de plus de deux ans.
- Aérer le pot une heure par jour pour éviter la condensation.
- Après récolte, retirer le pot et fertiliser pour aider la plante à récupérer.
Le forçage peut aussi inspirer des expériences sur d’autres légumes pérennes ; la page dédiée aux plantations associées suggère quelques pistes.
Quand planter la rhubarbe au balcon ?
La rhubarbe peut s’adapter à un grand bac de 40 L minimum si le substrat reste humide. Prévoir un mélange 50 % terreau potager, 30 % compost maison, 20 % perlite. Un paillage de chanvre limite le dessèchement.
- Orienter le contenant au nord-est pour échapper aux coups de soleil.
- Installer un gaine d’arrosage sous la couche de compost pour automatiser l’apport en eau.
- Apporter un engrais organique liquide toutes les trois semaines en période de croissance.
Pourquoi ma rhubarbe jaunit-elle au cœur ?
Le jaunissement central indique souvent un excès d’eau ou une asphyxie racinaire. Un amendement sableux et la suppression des arrosages pendant quelques jours résolvent le problème.
- Vérifier le drainage du sol ; ajouter du gravier si nécessaire.
- Suspendre les arrosages jusqu’au retour d’une couleur vert tendre.
- Sur les jeunes plants, enlever les feuilles touchées pour éviter la propagation de champignons.
La division des souches est-elle obligatoire ?
Au bout de cinq ans, la touffe devient moins productive. Diviser permet de rajeunir la souche, d’obtenir de nouveaux plants gratuits et de contrôler la propagation des maladies.
- Planifier la division en fin d’hiver, sol ressuyé.
- Penser à désinfecter les outils avant et après l’opération.
- Replanter les éclats dans un sol riche et frais distante d’un mètre.
Quels légumes associer avec la rhubarbe ?
Les brassicacées (chou kale, brocoli), l’ail et la ciboulette tirent parti de l’ombre légère créée par ses feuilles. Les cucurbitacées apprécient aussi l’humidité résiduelle à son pied.
- Éviter la proximité directe avec les tomates, plus exigeantes en chaleur.
- Alterner les rangs avec des capucines pour détourner les pucerons.
- Pour d’autres combinaisons, consultez cet article complet sur les associations fructueuses.
Que faire des feuilles toxiques après la récolte ?
Les feuilles peuvent servir de matière azotée au compost ou d’infusion insecticide : hacher un kilo de feuilles, couvrir d’un litre d’eau, laisser macérer 24 h puis filtrer avant pulvérisation.
- Ne jamais utiliser les feuilles en cuisine : elles contiennent de l’acide oxalique.
- Répartir la macération au pied des rosiers pour éloigner pucerons et chenilles.
- Incorporer les restes compostés à la surface du potager à l’automne.
Entre plantation, entretien et récoltes, la rhubarbe prouve qu’elle peut rester la star d’un potager familial pendant une décennie. Quelques gestes simples, un sol bien nourri et un arrosage régulier suffisent pour transformer chaque pied en une source de tiges tendres et parfumées.

Je m’appelle Laura, et j’ai longtemps cru que je n’avais pas la main verte. Puis un jour, j’ai sauvé un ficus abandonné… et je n’ai plus jamais arrêté. Depuis, les plantes ont envahi mon salon, mon balcon, mes lectures et même mes rêves.
J’ai créé J’aime mes plantes pour partager cette passion qui pousse doucement mais sûrement. Ici, je parle de mes réussites, de mes ratés, de ce que j’apprends chaque jour en observant, en testant, en lisant. Mon but ? Aider chacune à créer un petit coin de verdure, même sans jardin.
Je ne suis pas botaniste, mais je suis curieuse, rigoureuse, et surtout très enthousiaste. J’aime écrire comme je jardine : avec patience, avec amour, et avec l’envie de voir les choses grandir.



